
Si vous avez déjà compté sur un détecteur standard de fuite d’eau, vous avez peut-être remarqué qu’ils partagent tous un défaut commun et frustrant : ils ne mesurent qu’à partir d’un seul point précis. Si une canalisation éclate ou qu’un collecteur fuit et que l’eau finit par s’accumuler à seulement 10 centimètres de votre capteur, l’appareil ne remarquera rien tant que les dégâts ne seront pas déjà faits.
Shelly cherche à résoudre exactement ce problème avec le nouveau Shelly Flood Gen 4. Au lieu de s’appuyer sur un minuscule capteur localisé, cette nouvelle version utilise un câble capteur spécialisé conçu pour détecter les fuites sur une surface bien plus vaste.
Avertissement : j’ai reçu l’appareil testé gratuitement à des fins de test, mais comme toujours, les opinions exprimées sont 100 % les miennes et cela n’affecte en rien l’évaluation du produit.
Matériel et caractéristiques
Sur le plan matériel, le Shelly Flood Gen 4 est conçu pour la flexibilité et un fonctionnement ininterrompu. Il fonctionne entièrement sur batterie, ce qui vous permet de l’installer exactement là où il est nécessaire, sans vous soucier du câblage. L’appareil bénéficie d’un indice IP44, offrant une bonne durabilité et une résistance aux éclaboussures.
Voici un aperçu des principales spécifications :
| Fonction | Spécification |
| Alimentation | 4 piles AA 1,5 V |
| Autonomie estimée | Jusqu’à 2 ans |
| Longueur du câble capteur | 2 mètres inclus (extensible jusqu’à 150 mètres) |
| Microcontrôleur | ESP-Shelly-C68F (8 Mo de Flash) |
| Protocoles de connectivité | Wi-Fi, Bluetooth 5, Zigbee, Matter |
| Portée intérieure max. | Zigbee : jusqu’à 100 m via Mesh | Wi-Fi : 30 m | Bluetooth : 10 m |
| Température de fonctionnement | -20 °C à 40 °C |
| Dimensions | 97 x 76 x 25 mm |
| Protection environnementale | IP44 (résistant aux éclaboussures) |
Points forts :
- Couverture massive : le fait que le câble capteur de 2 mètres puisse être chaîné en série jusqu’à 150 mètres change complètement la donne pour faire le tour d’un sous-sol entier ou d’une longue section de tuyauterie.
- Efficacité de la batterie : il vérifie l’état de fuite toutes les 5 secondes. Ce minuscule délai est ce qui permet aux 4 piles AA de durer jusqu’à deux ans tout en offrant des alertes quasi instantanées.
- Deux modes et profils d’alarme : il peut être configuré pour la détection de fuite ou la détection de pluie, et propose trois profils d’alarme acoustique intégrés (Intense, Normal et Économique) afin d’équilibrer le volume de l’avertisseur local avec la consommation de batterie.

Installation
La mise en place physique du Shelly Flood Gen 4 est simple : posez le cordon au sol, branchez le câble d’extension et retirez la bande de papier du compartiment à piles pour l’allumer. Le câble peut facilement être prolongé avec des longueurs de capteur supplémentaires pour couvrir de plus grandes zones.
J’ai toutefois rencontré un petit particularisme physique. À la sortie de la boîte, le câble capteur est assez rigide et ne se plaque pas naturellement contre le sol. Pour corriger cela, j’ai imprimé en 3D de petites clips pour fixer solidement le câble, ce qui a parfaitement fonctionné. Si vous voulez utiliser la même installation, vous pouvez télécharger ici les clips imprimables en 3D que j’ai utilisés.
Du côté logiciel, il y a un point à surveiller. Lors de la configuration initiale via l’application Shelly, l’appareil se connecte exclusivement en Wi-Fi. Si vous souhaitez utiliser un protocole alternatif comme Zigbee, il faut l’activer séparément. Le manuel indique que vous pouvez lancer l’appairage Zigbee en appuyant trois fois sur le bouton de l’appareil, mais cela n’a pas fonctionné pour moi au départ. J’ai dû ouvrir l’application mobile Shelly et activer explicitement la radio Zigbee avant que la séquence d’appairage par triple clic ne se déclenche réellement.



Fonctionnalités en action
En fonctionnement normal, le Shelly Flood Gen 4 reste en mode de veille profonde afin de préserver l’autonomie de sa batterie. Il n’est pas complètement déconnecté pour autant : il se réveille périodiquement selon un délai défini pour envoyer un signal de « heartbeat », confirmant qu’il est toujours en ligne et fonctionne correctement.
Dès qu’une partie du câble capteur est mouillée, l’appareil se réveille instantanément. Une LED intégrée commence à clignoter et le buzzer interne se met à sonner. Cette alarme locale est une véritable bouée de sauvetage si vous êtes chez vous lorsqu’une fuite se produit. Shelly vous permet aussi de contrôler le comportement de cette alerte locale grâce à trois profils d’alarme différents — Intense, Normal et Économique — afin d’équilibrer le volume et l’intensité de l’avertissement avec la consommation de batterie.
Si vous n’êtes pas là pour entendre le buzzer, l’appareil veille quand même sur vous. Il envoie immédiatement une notification via Shelly Cloud ou l’application Shelly Smart Control, avec tous les détails nécessaires en temps réel pour vous permettre d’agir rapidement. Et comme il prend en charge des actions d’automatisation locales, vous pouvez facilement le configurer pour déclencher des appareils secondaires — comme faire clignoter vos lumières connectées ou fermer une vanne d’eau intelligente — dès qu’une fuite est détectée.
Connectivité Home Assistant
Comme tous les appareils Shelly, celui-ci s’intègre entièrement en local avec Home Assistant — ce qui signifie aucune dépendance au cloud, sauf si vous le souhaitez explicitement. J’ai choisi Zigbee pour mon installation, mais le Gen 4 est en réalité un couteau suisse multi-protocole. Selon la structure de votre réseau, vous pouvez l’intégrer à Home Assistant via l’une des méthodes suivantes :
- Wi-Fi (intégration officielle Shelly) : si vous restez en mode Wi-Fi par défaut, l’intégration Shelly native de Home Assistant détectera automatiquement l’appareil. La communication se fait à 100 % en local via l’API Shelly, ce qui en fait une option plug-and-play extrêmement fiable.
- Matter over Wi-Fi : le Gen 4 prend Matter en charge dès la sortie de la boîte. Vous pouvez l’ajouter directement à votre serveur Matter Home Assistant, offrant une connexion standardisée et locale sans dépendre d’intégrations spécifiques au fabricant.
- MQTT : pour les utilisateurs avancés qui souhaitent un contrôle précis de leurs données, l’appareil prend nativement en charge MQTT sur Wi-Fi. Vous pouvez le configurer pour publier directement sur votre broker Mosquitto dans Home Assistant sans avoir à flasher un firmware personnalisé.
- Bluetooth (BLE) : il inclut aussi Bluetooth 5, principalement utilisé pour faciliter la configuration initiale via votre téléphone, mais qui s’intègre également très bien à l’écosystème plus large des proxys Bluetooth de Home Assistant.
- Zigbee (Z2M/ZHA) : comme mentionné, c’était mon choix pour garder une installation légère et éviter de charger mon réseau Wi-Fi. Une fois la première étape franchie, à savoir l’activation de la radio Zigbee dans l’application mobile, l’appairage du Shelly Flood Gen 4 avec Zigbee2MQTT s’est déroulé de manière incroyablement fluide.
Quel que soit le protocole choisi, l’intégration expose des données essentielles à Home Assistant. Dans Z2M, par exemple, elle fournit 10 entités distinctes. Les plus importantes pour vos automatisations sont l’état sec/mouillé (votre déclencheur principal), le niveau de batterie et un indicateur de problème qui signale immédiatement tout souci de connexion ou de matériel sur l’appareil lui-même.


Résumé : le verdict final
Le Shelly Flood Gen 4 représente un énorme bond en avant par rapport aux capteurs ponctuels traditionnels, ce qui en fait un choix idéal pour surveiller les zones à risque comme les espaces sous les collecteurs d’eau, sous les lave-vaisselle ou autour des chauffe-eau.
La caractéristique matérielle la plus marquante est sans aucun doute le câble capteur extensible — la possibilité de le chaîner jusqu’à 150 mètres élimine complètement les zones mortes qui pénalisent les détecteurs de fuite classiques. Mais là où cet appareil excelle vraiment, c’est dans sa polyvalence. Shelly l’a doté d’une prise en charge de Wi-Fi, Bluetooth, Zigbee et Matter dès la sortie de la boîte.
Cette approche multi-protocole signifie que, quel que soit le hub que vous utilisez ou l’architecture de votre maison connectée, vous trouverez une option de connectivité locale, native et adaptée à votre système. Cependant, vous n’avez pas besoin d’un serveur domotique complexe pour l’utiliser. Si vous voulez simplement un détecteur de fuite autonome fiable, la configuration est d’une grande simplicité. Il vous suffit d’un réseau Wi-Fi standard et de l’application Shelly gratuite — aucun hub supplémentaire, dongle ou contrôleur sophistiqué n’est nécessaire.
Qu’il fonctionne comme alarme Wi-Fi autonome ou qu’il s’intègre à une excellente intégration Home Assistant avec une fiabilité à toute épreuve et sans dépendance cloud imposée, cet appareil offre une tranquillité d’esprit remarquable. Si vous cherchez à rendre votre protection contre les fuites d’eau quasiment infaillible, le Shelly Flood Gen 4 est un ajout hautement recommandé.
Score maison connectée : 5/5
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